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Il était une fois le SEL

Histoire du Sel de Poitiers :
C'est en juin 1996 qu'est créé le SEL de Poitiers, appelé le CHABIS, sous l'impulsion de la Caisse d'Allocations Familiales de la Vienne : trois agents de développement se sont intéressés au système, tout en associant à leur démarche des habitants des Couronneries. Considérant que la création du SEL relevait du domaine du privé et du volontariat, les agents de la CAF ont organisé une journée d'information ouverte à tous, afin de favoriser les contacts entre les personnes intéressées par ce projet. A l'issue, une première rencontre, réunissant une dizaine de personnes, s'est déroulée en juin 1996, lançant ainsi les bases de la nouvelle association. Malgré des débuts parfois difficiles, le groupe, composé d'une quarantaine de personnes, s'est constitué en mai 1997 en association loi 1901, statut destiné à faciliter son fonctionnement courant.
On estime à environ 300 les SEL en France, dont 15 en Poitou-Charentes (2 dans les Deux-Sèvres, 4 dans la Vienne, 8 en Charente-Maritime, 1 en Charente).

Histoire du SEL
Du Canada à Poitiers - historique et esprit des S.E.L. (=LETS en anglais)

Brève histoire du LETS

Par Maria Puig de la Bellacasa et François Ducat dans "Traverses" numéro 105 de janvier 1996

Aux crises suscitées par le capitalisme dans son train d’ascensions et de chutes n’ont cessé de répondre des tentatives de redéfinition du système monétaire. Tout se passe comme si c’était à cet outil qu’est l’argent que l’on pouvait demander les raisons des dysfonctionnements socio-économiques et leur remède.

On trouve au long de l’histoire des expériences de lancement d’une monnaie locale, mais c’est l’ouvrage de Silvio Gesell (1862-1930), L’ordre économique naturel, qui a conféré à ces expériences leur portée théorique. Gesell a donné sa doctrine à l’école dite de l’"économie libre" qui récuse la monnaie conventionnelle en raison de sa fonction double, instrument de circulation et de thésaurisation, qui oppose l’intérêt des acteurs à l’intérêt collectif. Dans le cadre d’une "économie naturelle", il convenait au contraire que l’intérêt égoîste de chacun concoure au bien commun. Il fallait donc redéfinir l’argent de telle sorte que les nantis aient avantage à s’en débarrasser, c’est-à-dire à la faire circuler. L’activité économique s’en trouverait accélérée, la demande de biens accrue et l’accès au crédit facilité.

Pendant la crise des années 30 une expérience célèbre eut lieu à l’initiative du maire de Worgl, une petite ville du Tyrol autrichien. Celui-ci, voyant l’infrastructure de sa ville s’écrouler, le chômage et la pénurie s’étendre, décida de s’inpirer des théories de Gesell et de créer une monnaie locale dont la caractéristique principale était de se déprécier d’1% tous les mois (pour qu’un billet reste valable un timbre devait être apposé au billet un jour donné de chaque mois). L’argent local se mit à circuler à toute vitesse car les gens avaient intérêt à le dépenser, et devaient le dépenser localement, dans le seul circuit où il avait cours. En une année l’économie locale reprit du souffle et le nombre des chômeurs baissa considérablement. Worgl devint un centre d’intérêt pour les économistes du monde entier. Mais, alors que d’autres communes autrichiennes s’apprêtaient à suivre son exemple, la Banque Nationale Autrichienne entreprit une action en justice et ce système d’économie alternative disparut en 1933.

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